Dimanche à l’Espace de Mémoire
Rencontre exceptionnelle
Visite de Monsieur Michel GOUJON
blessé à Vézelise le 18 juin 1940
Echanges et retour sur le lieu où sa famille fut victime des bombardements

Emile GOUJON, 63 ans, ses trois fils, dont le père de Marcel et Michel sont mobilisés,
18 juin1940, lorsque la famille meusienne et ses voisins traversent Vézelise,
fuyant l’avance allemande, ils sont victimes des bombardements…
Le bilan est lourd, 6 mort, un blessé grave…
Juillet 2011, assis sur une plage,
un petit dessin tracé sur un simple morceau de papier…

71 ans après, un souvenir douloureux, resté enfoui dans la mémoire d’un gamin qui n’avait pas encore 6 ans lorsqu’il fut marqué à jamais par un bombardement qui lui prendra son frère ainé et son grand-père, trois de ses voisins et, lui causera un handicap qu’il conservera toute sa vie.
Il y a quelques mois à Toul, une exposition de cartes postales où il rencontrera une dame en recherche de cartes postales anciennes de Vézelise.
Echanges entre passionnés, « vous connaissez Vézelise ? », « le plus mauvais souvenir de ma vie » répond Michel Goujon…
« Ah bon ? » interroge Christiane Jacquot domiciliée dans le Saintois et admiratrice du patrimoine architectural du chef lieu du canton.
C’est alors que Michel lui raconte son histoire vécue le 18 juin 1940 sous les bombardements qui en quelques instants causèrent la mort de plus de 50 morts, civils, femmes, enfants, Vézelisiens, réfugiés, fuyant l’avance allemande, militaires en repli…
Lorsque Christiane interroge Michel pour savoir s’il a déjà évoqué ses souvenirs avec des interlocuteurs dans le secteur celui-ci répond par la négative, et dit le regretter car il aurait aimé revoir l’endroit où sa vie a basculé. Il deviendra adulte sans réellement avoir été enfant. La guerre lui a volé une partie de sa famille et aussi une partie de sa vie.
Christiane
lui répond aussitôt qu’il y a à Vézelise une association qui pourrait
l’aider à retrouver ce lieu qui 15 ans auparavant lui avait inspiré ce
dessin… Le jour même, à peine rentrée chez elle, elle contactait
l’association et communiquait les coordonnées de Michel.
Et dès le lendemain matin le contact se faisait entre l’Espace de Mémoire et Michel.
Aussitôt il était prévu une visite pour échanger avec les Vézelisiens et les membres de l’association.
Des échanges avec les Archives militaires de Caen, avec les mairies de Lacroix-sur-Meuse et d’Epinal permettaient de compléter les souvenirs de Michel Goujon et de préparer cette rencontre.
Cette visite initialement prévue le 10 juillet, mais reportée à deux reprises pour cause de canicule, se déroulera ce dimanche 20 septembre à partir de 14h30 à l’Espace de Mémoire à Vézelise.
86 ans après, Michel Goujon pourra enfin voir ce lieu qui a marqué sa vie et échanger avec tous ceux qui le souhaiteront..
Michel GOUJON, 92 printemps dans un mois
Juin 1940, Michel GOUJON a 5 ans et demi. Il demeure à Lacroix-sur-Meuse avec Madeleine, sa mère, âgée de 34 ans, Emile, son grand-père, 67 ans bientôt, Marcel, son frère ainé, âgé de 9 ans, et Antonina PAWLOWSKA, une polonaise qui travaille sur l’exploitation familiale. Son père, Pierre GOUJON, 33 ans, est lui mobilisé. Il sera fait prisonnier.
En ces premiers jours de juin 40, l’avance rapide des troupes allemandes inquiète les populations civiles.
La famille meusienne décide de fuir vers le sud. Leurs voisins, la famille LERICHE, le père François, 55 ans, la mère , Marie, 52 ans bientôt, et leur fille Colette, 17 ans, choisissent de partir aussi avec leurs voisins et amis les GOUJON.
Le petit groupe de 7 personnes, se presse alors sur les routes de Lorraine.
Le 18 juin 1940, ils traversent Vézelise… c’est alors qu’ils sont pris sous les bombardements allemands… l’horreur les rattrape eux qui pensaient se mettre à l’abri des combats…
C’est un carnage, Emile son grand-père est tué, tout comme son frère Marcel, tous les membres de la famille Leriche sont également fauchés par ces tirs meurtriers. Antonina, très grièvement blessée, décèdera de ses blessures le 14 juillet … tragique destin.
Michel est gravement blessé, sa mère est indemne.
Michel est évacué dans une ambulance militaire vers Epinal. Son voisin dans le véhicule, un militaire qui a perdu une jambe…
C’est
également à Epinal que seront enregistrés les décès d’Emile GOUJON, de
Marie et Colette DERICHE. Seuls Marcel GOUJON et François LERICHE
figurent sur les registres d’état civil de Vézelise.
Aux 47 morts « officiellement » décomptés comme tués à Vézelise lors de ces bombardements du 18 juin 1940 il faut encore ajouter 5 noms…
Michel sera sauvé, mais restera handicapé. Il est invalide de guerre. Il aura 92 ans cette année…
Sa mémoire reste à jamais gravée par ces souvenirs, qu’il a consignés dans un carnet.
Le dimanche 20 septembre il viendra à l’Espace de Mémoire pour découvrir les photos de ces bombardements et pour échanger avec les personnes présentes.
Toutes les personnes intéressées qui souhaitent participer à cette rencontre et à cet échange, sont bien naturellement les bienvenues,
(Il sera présent à partir de 14h30 ce dimanche 20 septembre)
Prochaines ouvertures
Samedi 19 septembre : 14h00 – 18h00
Dimanche 20 septembre : 14h00 – 18h00 (Journées du patrimoine)
Samedi 26 septembre : 14h00 – 18h00
Samedi 03 octobre : 14h00 – 18h00
ATTENTION :
pour cause de remise en état de l’ancienne voie de chemin de fer, l’avenue Jacques Leclerc a été mise en sens unique, il est donc obligatoire d’arriver par Quevilloncourt (rue de la Gare - Gédimat) pour arriver à l’Espace de Mémoire.